• Volée de piafs

    Volée de piafDidier et Marie ont créé Volée de Piafs en 2007, centre de sauvetage d’animaux sauvages.

    Le but de ce dispensaire est de soigner des animaux sauvages en détresse et dans la mesure du possible de les sauver.

    Ce sont des oiseaux, de la mésange bleue à la chouette hulotte en passant par la buse variable et le pigeon ramier, mais aussi des mammifères, de l’écureuil au chevreuil en passant par le blaireau et le hérisson que Didier et son équipe soignent chaque année. 

    Ces animaux arrivent au centre blessés par des chocs voitures, des chocs baies vitrées, par les pollutions marines (Erika, Ker Bremen, ...), les intempéries, des tirs, des pièges, des empoisonnements. Des accidents majoritairement causés par les activités humaines.

    En 2011, Volée de Piafs a accueilli 997 animaux, 19 % sont morts en arrivant ou dans les heures qui ont suivi, 8 % sont morts dans les 2 ou 3 jours et 10 % au-delà de 3 jours. 6 % des animaux ont été euthanasiés pour la plupart, le jour de leur arrivée, afin d’abréger leurs souffrances. Certains autres l’ont été après plusieurs semaines de soins inopérants.

    Au final, presque la moitié des animaux ont été sauvés et relâchés dans leur milieu naturel.

    Pour les examiner, les soigner et les réhabiliter, la structure est constituée de 1 infirmerie, 2 animaleries petits oiseaux et petits mammifères, 1 animalerie oiseaux marins, 3 animaleries grands oiseaux et grands mammifères, 2 enclos, 5 volières et diverses installations annexes.

    En arrivant sur les lieux, on est accueilli par un autre type d'animaux. Ce sont quelques animaux domestiques sauvés au fil du temps de l'abandon, de l'abattoir ou simplement trouvés et qui viennent apporter un autre regard sur la vie de l'animal.

    Didier a eu la gentillesse d’accepter de répondre à nos questions. Nous l'avons rencontré au centre de sauvetage un après-midi d'hiver froid mais très ensoleillé.

    Didier, quel a été le commencement de cet engagement envers les animaux sauvages ?

    Tout a démarré lors de l'Erika, la matinée du 25 décembre 1999, je me promenais sur le port d'Etel et j'ai donné un grand coup de pied dans une boule de pétrole mais ...ce n'était pas une boule de pétrole... c'était un guillemot de troïl.

    Là, j'ai eu un déclic, une prise de conscience, je me suis tout de suite inscrit à Bretagne Vivante pour aider à récupérer et à laver ces oiseaux mazoutés.

    Ensuite, j'ai été bénévole sur d'autres marées noires (Afrique du sud, Le Prestige)

    Lorsque tu prends en charge un animal, ressent-il que tu vas essayé de le soigner ?

    Non, dès le départ il nous considère comme un prédateur.

    Hormis pour les bébés, jamais la confiance ne s'installe. Pour l'élevage des petits il faut être vigilant à ne pas les imprégner si on veut pouvoir les relâcher dans de bonnes conditions.

    Comment as-tu appris à les soigner ?

    Au moment de l'Erika, durant toute la durée de la marée noire (5 mois), j'ai été formé par un vétérinaire belge venu sur place et aussi par l'équipe de démazouteurs américains de l'association IFAW.

    Ma formation a continué pendant 3 années sur les différentes marées noires, toujours avec IFAW. Je me suis aussi formé en participant aux soins dans différents centres de sauvetage afin de pouvoir passer un certificat de capacité obligatoire pour pouvoir ouvrir un centre de soin.

    Lorsque Volée de Piaf a vu le jour, on accueillait seulement les oiseaux et de petits mammifères puis nos compétences se sont développées et nous avons pu accueillir de grands mammifères et des chauves-souris .

    Et on apprend encore tous les jours !

    On aimerait bien que tu nous racontes une anecdote avec un des animaux que tu as sauvé !

    Je peux même vous en raconter 2 qui se terminent bien !

    Le sauvetage d'un renardeau retrouvé dans une fosse à purin sur sa mère morte, sur nos conseils, lavé puis amené au centre de soins, il avait 15 jours environ (il n'avait pas les yeux ouverts) on l'a mis en couveuse avec une peluche hérisson pour lui tenir compagnie et un miroir pour dormir à côté (ndlr : presque tous les animaux recueillis au centre ont un miroir près d'eux, ça les rassure). On l'a biberonné et après plusieurs mois il est parti au centre de soin de la Dame Blanche où il a pu être relâché en pleine nature. 

    On a sauvé une petite perdrix grise adulte, elle avait une patte cassée resoudée à 45 ° et cette patte s'était coincée dans un grillage. On a été obligé de l'amputer, elle est restée 6 mois ici et on l'a relâchée en juillet dernier, elle est partie 3 jours et elle est revenue ! Elle rend visite aux poules et elle dort même avec elles. Son nom est Pâquerette, elle reste en liberté dans l'enceinte du centre.

    Tiens ! j'en ai une autre ! Un gars appelle en pleine nuit d'un bateau, il est en pleine mer et il voit arrivé sur le pont une effraie des clochers ! Elle se pose et ne repart pas. Il nous demande quoi faire, on lui dit et il la récupère, il la met dans un carton, il la dépose le lendemain au port de Lorient.

    On la prend en charge et on se rend compte que c'est une chouette effraie baguée en Allemagne !!! 15 jours après on l'a relâchée après qu'elle se soit reposée et vitaminée. On recherche encore l'origine de sa bague !

    Quels conseils donnes-tu aux personnes qui récupèrent un animal blessé ?

    1- Si possible avant d'attraper l'animal appeler un centre de soin (ndlr : pour connaître les centres à proximité de chez vous : UFCS) pour ne pas faire d'impair dans le genre bébé chevreuil attendant sa maman, bébé chouette hulotte sortie du nid et nullement perdu, ...

    2- Repérer exactement l'endroit de récupération de l'animal.

    Dans la mesure du possible nous relâchons les animaux adultes sur leur site puisqu'ils le connaissent et y ont leurs habitudes. C'est encore plus important en période de reproduction. Si l'animal blessé ou choqué ne nécessite pas une longue période de soins, il est rapidement relâché sur son site de reproduction.

    3 - Si l'on récupère l'animal, le mettre dans un carton au calme (ou dans une cage recouverte d'un tissu occultant), au chaud (bouillotte ou bouteille d'eau chaude par exemple) et ne surtout pas jouer à l'apprenti sorcier.

    Ne pas chercher ni à les faire boire ni à les nourrir de force.

    Suivre les conseils du centre de soin.

    Quels conseils donnes-tu aux gens pour prévenir des accidents ?

    - Les réserves d'eau doivent être couvertes ou avec une possibilité de sortie pour l'animal qui tombe dedans (gros cordage, flotteur, ,,,).

    - Coller des leurres sur les baies vitrées

    - Mettre une clochette aux chats

    - Limiter sa vitesse sur les routes de campagne

    - Faire attention sur les routes lors de la reproduction des salamandres (fin octobre - début novembre) et lors de la reproduction de tous les amphibiens (fin février - début mars)

    - Grillager les dessus de cheminées pour préserver les chouettes hulotte et les chouettes effraie qui viennent s'y installer

    - Proscrire le raticide, le tue-limace non bio et les insecticides dans les jardins

    Peux-tu nous expliquer pourquoi tu ne manges plus d’animaux depuis 40 ans ?

    J'ai appris que l'on pouvait être végétarien en me rendant à la maison vétérinaire de Maison Alfort où j'ai rencontré des personnes ne mangeant plus d'animaux. J'avais 17 ans et je ne savais pas que l'on pouvait bien vivre sans les manger ; jusque là on m'avait dit qu'il était nécessaire de manger de la viande.

    Je suis rentré le soir, j'ai dit stop et je n'en ai plus jamais remangé.

    Je suis donc végétarien depuis 40 ans mais depuis toujours dans l'âme et végétalien depuis 1 an mais je mange les œufs de toutes nos poules récupérées ou sauvées. Grand merci à elles.

    Avant de se quitter y a-t il une chose en particulier dont tu voudrais parler ?
    Oh oui ! Ce que je voudrais dire, c'est que par la chasse, par les destructions volontaires ou involontaires, par l'indifférence quotidienne, la Faune Sauvage paie un lourd tribut à l'homme.

    La première chose à faire si l'on veut vraiment aider la Faune sauvage, c'est par le Respect et l'attention. Leur avenir est entre les mains de CHACUN.

    Merci de tout coeur Didier pour ce que toi et ton équipe faites pour ces animaux !

     Blog de Volée de piaf : http://voleedepiafs.eklablog.com/

    Vous souhaitez aider Didier et son équipe à sauver les animaux sauvages en détresse ?

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    - Téléchargez la lettre d'info ci-dessous (il y a un coupon-adhésion à l'intérieur)

    « bulletin novembre 2012-coupon adhesion.pdf »

    - Envoyez votre don ou adhésion sur papier libre à "Volée de Piafs" Saint Léon - 56440 Languidic

    Devenez bénévole :

    - Envoyez un e-mail à Marie (didier.masci[at]orange.fr - remplacez le [at] par @) en lui indiquant votre parcours et vos compétences

     

    Volée de piaf

    Chouettes Hulotte

     Soin sur une blairelle

    Hirondelles des fenêtres

    Grèbe Castagneux mazouté